Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, seul, inconnu, le dos droit, les mains croisées, souriant, et le jour pour moi sera comme une promesse. Je regarderai l'or du soir qui tombe, et, quand j''arriverai, je courrai te souhaiter une bonne et heureuse année.
Changer l'arrière-plan du poème
Demain, dès l'aube, au réveil de la plaine,
Je partirai, ton attente sereine.
À travers bois et monts, je m'en irai,
Loin de toi, languir je ne puis supporter.
Les yeux perdus dans mes rêves lointains,
Je marcherai, sourd aux clameurs du matin.
Seul et droit, les mains entrelacées,
Et mes pensées pour seules compagnes, enlacées.
Le jour naissant promet d’être radieux,
Je verrai l'or tomber des cieux,
Et, enfin, au seuil de ton regard,
Je courrai te dire "bonne année" plein d'espoir.