Je m'appelle Keitha, j'ai toujours été proche de mon papa. Un père c'est quelqu'un sur qui l'on peut compter comme pour une maman, et mon père c'est le meilleur au monde. Je m'en rappelle de tous ces beaux souvenirs, hélas il est parti quand j'avais presque atteint mes 5 ans. Je faisais des cauchemars, et maman ne me croyait pas. Elle était devenue dure et limite cruelle car elle ne me comprenait pas, je souffrais intérieurement et ni mes soeurs ni mon beau-père ne pouvait me soulager. Je voyais mon père heureux de son côté un week-end sur deux et je peux vous le dire, j'ai été heureux dans ses bras, son lit, son canapé. Il me ressemble énormément, je suis né d'un métissage et j'en suis fier, je porte en moi le savoir-faire et la neutralité suisse ainsi que la chaleur et le partage du bénin. Dans ma souffrance liée au manque de mon papa, de la sévérité chez ma mère, de l'harcèlement scolaire et des brimades de société, j'ai choisi de quitter ce monde du haut de mes 13 ans. Chose que je regrette amèrement avec le recul car j'ai pu constater que malgré tout j'avais un entourage qui m'a toujours aimé. Ma sensibilité est devenue une force, mon autisme épate plus d'un et de toutes ses faiblesses, je sais comment les utiliser pour m'améliorer jour après jour car le soleil se lève pour tout le monde. Merci papa pour tout ce que tu as fait pour moi et désolé de m'être enfermé dans ma coquille pendant 2 ans et demi, tu ne m'as vu évoluer mais je n'ai jamais cessé de t'aimer.
Changer l'arrière-plan du poème
Dans un monde où la lumière semblait éteinte,
Je m'appelais Keitha, un souffle discret,
Mon père, mon phare, un cœur sans feinte,
Le meilleur au monde, un amour secret.
À ses côtés, j'étais serein, comblé,
Un week-end sur deux, dans ses bras,
Métissé, fier, son sourire réflété,
Suisse en sagesse, béninois de cœur en éclat.
Il partit quand j'avais près de cinq ans,
Laissé seul face à une mère insondable,
Souffrance tue, à l'ombre des géants,
Des cauchemars murés, cœur invulnérable.
À treize ans, une échappée en nuit étoilée,
Un choix regretté, dans l'ombre abissoyante,
Mais l'amour d'un entourage, force retrouvée,
Sensibilité, autisme, armes éclatantes.
Merci, cher papa, pour les souvenirs gravés,
Désolé pour mon silence, mon repli,
Je continue d'aimer, je suis forgé,
Le soleil se lève, et je chemine, ébloui.