Le cœur d'un homme est un cimetièreOù gisent encore certains amours,Comme des langues mortes échouées sur la plageLe temps n'a pas croulé nos châteaux de sable,Ils sont exactement là où on les avait construitsMais les visages, eux, sont ailleursJe n'ai pas oublié les gens.J'ai oublié à quelle heure leurs voix se sont tues,Comme un poste allumé dans une maison hantéeQuand je retourne dans le passé,Il ne reste rien à dire —Juste un soupirque je garde pour moi,et ce frissonquand rien ne bouge.Et ce sont les souvenirs les plus joyeuxqui me serrent le plus le cœur,et me bouleversent le plus.
Changer l'arrière-plan du poème
Dans le cœur d'un homme, un cimetière repose,
Où gisent en silence des amours moribondes,
Langues mortes échouées sur des plages où l’on ose,
Regarder le passé que l'oubli inonde.
Le temps n'a pas effacé les châteaux de sable,
Ils se dressent intacts sous la mémoire éteinte,
Mais les visages flottille dans l'ineffable,
Spectres d'hier, où la nostalgie se teinte.
Je n’ai pas oublié les cœurs, ni leurs murmures,
Seulement les heures où leurs voix s’évanouissent,
Comme un poste radio hantant les murs,
Dans le silence, de vieux échos s’amenuisent.
Revenir en arrière, pourquoi dire encore?
Rien ne se prononce, juste un soupir discret,
Réminiscences, un frisson qui explore,
Les souvenirs joyeux m'enserrent de regrets.