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PHŒNIXSeigneur. ACHILLEAh, cruelle venue ! Ah, douleurs ravivées !Quels fruits espères-tu de mes gloires tachées ?PHŒNIXD’un crime contre vous je craignais la fureur.Mon désir tutélaire, une fatale erreur.Malgré cela, daignez, Seigneur, de ma présence.Distinguez de mes yeux une juste souffrance.Que l’éclat de mon cœur accablé de remords,Vous dise ma douleur et mes tristes transports.Entendez cette voix, appaisez ma détresse.Épargnez mon esprit d’un futur qui l’oppresse.Par mon aveu sincère, excusez mon affrontQue mon âme, Seigneur, trouve enfin son pardon.ACHILLETraître, ne prétends rien car mon cœur ne l’oublie.D’une fausse bonté tu condamnes ma vie. Cruel ! De quoi mes feux sont jugés criminels ?Quels affreux manquements à l’honneur éternels ?Quel auguste chemin s’écarta de ma route,De mes honneurs flétris, que je maudis sans doute ?Ô perfide destin qui m’arrache mes feux,Je rêvais d’un éclat, d’un bonheur lumineux.Mon ardeur m’enlaçait d’un serment inflexible,Et mes jours s'enflammaient d’une envie impossible.Mais l’amour, ce regard que tu m’as refuséDe ta vile ficelle au sommet avisé.Ce n’est point seulement un amant qu’on m’arrache,Mais mon cœur tout entier, impitoyable lâche !Tu savais mon amour, ce doux éclat des cieux,Lorsque mon âme en paix s’élevait dans ses yeux.Ma flamme, son bonheur, étaient tout mon empire,Tu ne voulais le voir, ne pouvais que nous nuire.Son trépas, de mes pleurs, les transforme en courroux.Je blâme tout regrets et même les plus doux.Quoique tes vains pardons prétendent repentance,Ils ne sauraient me rendre un amour trop intense.PHŒNIXJ’ai cru, dans mon aveugle et funeste raisonVous sauver d’une erreur, d’un horrible poison.Malheureuse assistance à qui mon âme cède.Mais je n’eu d’autre choix que ce triste remède.Je vous aidais en vain, et fuyant mon conseil,Offriez à mes pleurs une écoute en sommeil.Face à de tels affronts, mes fougues impuissantes Cherchèrent d’un bon roi, les colères flottantes.Convaincu de mes mots un mensonge odieuxJe lui dis les forfaits d’un désir curieux.D’un chemin bafoué je lui conta l’offense.Je voyais de ses yeux s’élever l’inclémence.La rage l’emporta, dispersa son effroi.Il cessa d’écouter et mes voeux, et ma foi.ACHILLEQuel oracle cruel t’envoie en ma demeureSi ce n’est de mes pleurs raviver la leure ?PHŒNIXJ’espérais qu’en ce fils, aimé dans son berceau,Son courroux apaisé sous un doux renouveau.Je crus, par mon aveu, un pardon légitime,Le roi, dans sa bonté, repousserait le crime.Achille, par les dieux, j’ai prié pour vos jours,J’ai tenté, en vain, d’amollir son discours.Je suis seul coupable, oui, mais non point un perfide.J’aspirais à vos noms, pas à cet homicide.ACHILLEAh toujours ma fierté me hante et me poursuit !Quel affreux héritage entachant mon esprit !Ignoble adorateur des requêtes céleste.Me tuer est ton veoux, car le ciel me déteste !Fatiguer de mes feux tu noircis tous mes pas.Tu prétends me sauver mais presse mon trépas.Va-t’en ! N’espère pas qu'un jour je te pardonne !Mon cœur, par toi trahi, s’éteint et s’emprisonne. Ou si tu veux toi-même assouvir tes desseinsPrends mon fer, venge toi du pire des humains. Si tu prives les cieux ma fatale blessureOffre leur ton vaisseau, continu l’imposture.

Dans l'antre des héros où la fureur s'épanche,  
Achille pleure un feu, une flamme qui flanche.  
Ô Phœnix, gardien aux ailes de sombres cendres,  
Comment avez-vous laissé son cœur descendre ?  

De crimes simulés, le pardon vous égare,  
Mais la haine d'Achille brûle comme un phare.  
Vous avez cru sauver, avec noble intention,  
Mais n'avez récolté que rage et perdition.  

Phœnix, lamentant, son erreur réunit,  
Dans un chant funeste, il avoue son délit.  
De son cœur, la contrition s'élève en silence,  
Cherchant la rémission dans cette délivrance.  

Achille, fier guerrier au cœur empli d'émoi,  
Regarde l'horizon où s'évanouit sa foi.  
Trahi par le destin, il court, l'âme en tempête,  
Vers des cieux indomptés, où seul le temps l'arrête.  

Un drame immuable sur cette scène éclose,  
Où le pardon et l'orgueil se disputent une rose.  
Ô muse impitoyable qui rime avec douleur,  
Emportez ces héros au gré des profondeurs.

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Dans l'antre des héros où la fureur s'épanche, Achille pleure un feu, une flamme qui flanche. Ô Phœnix, gardien aux ailes de sombres cendres, Comment avez-vous laissé son cœur descendre ? De crimes simulés, le pardon vous égare, Mais la haine d'Achille brûle comme un phare. Vous avez cru sauver, avec noble intention, Mais n'avez récolté que rage et perdition. Phœnix, lamentant, son erreur réunit, Dans un chant funeste, il avoue son délit. De son cœur, la contrition s'élève en silence, Cherchant la rémission dans cette délivrance. Achille, fier guerrier au cœur empli d'émoi, Regarde l'horizon où s'évanouit sa foi. Trahi par le destin, il court, l'âme en tempête, Vers des cieux indomptés, où seul le temps l'arrête. Un drame immuable sur cette scène éclose, Où le pardon et l'orgueil se disputent une rose. Ô muse impitoyable qui rime avec douleur, Emportez ces héros au gré des profondeurs.