Il y avait toi,comme une chaleur anciennequ’on reconnaît sans l’avoir jamais vraiment touchée.Ta peau :un chant sourd,tes doigts :des cierges allumés sur mes épaules.Ton ventre contre le mienétait un pays sans exil.Et moi,je tremblais comme une cathédrale sous le vent,pleine d’échos,pleine de craintes.Ta bouche a défait mes silences,tes yeux ont brûlé mes murs.Mais je suis restéderrière la porte entrouverte.Pétrifié.Aimant comme on saigne.Depuis,je marche,ton odeur sous la peau,tes soupirs dans les os,ton nom en travers de la gorge.Et dans mes nuits,quand le monde se tait enfin,j’entends encore ta mainme dire :"viens".
Changer l'arrière-plan du poème
Il y avait toi, douce flamme ancienne,
Présente sans être touchée, souveraine.
Ta peau, un chant qui résonne dans l'ombre,
Tes doigts, des cierges éclairant mes ombres.
Ton ventre, refuge sans l'exil amer,
Contre le mien, sans crainte ni chimère.
Et moi, fragile comme un grand édifice,
Plein d'échos, d'une vie complice.
Tes lèvres ont libéré ma voix muette,
Tes yeux ont enflammé mes forteresses nettes.
Mais figé derrière une porte entrebâillée,
Aimant, saignant, ancré dans l'immobilité.
Depuis, je marche, ton parfum ancré,
Tes soupirs, un souffle en moi demeuré,
Ton nom, une note sur ma langue close.
Et dans la nuit, quand le silence explose,
J'entends encore ta main susurrer,
"Viens," un murmure qui ne peut s'éteindre ni se taire.