Poème d'amour: En mille neuf cent cinquante-six, sous le soleil d’Italie,
À San Severo naquit une enfant pleine de vie.
Dernière d’une fratrie de dix, petit cœur parmi les grands,
Elle ouvrit de grands yeux sur le monde des enfants.
Puis, en soixante, la misère l’emporta loin de chez elle,
Vers la France, étrangère, mais gardant son étincelle.
À l’école, des mots cruels résonnèrent dans le noir :
« Sale ritale »… des blessures difficiles à croire.
Elle connut le chagrin, les lendemains fragiles,
Un amour qui s’enfuit, des silences immobiles.
Elle pensait que le bonheur s’était caché pour toujours,
Quand Jacky croisa ses yeux, un beau matin de l’amour.
Ils travaillaient ensemble, au détour des rayons,
Et quinze jours ont suffi pour unir leurs passions.
Sur un slow de Sardou, leurs deux cœurs se sont trouvés,
Ils savaient désormais qu’ils étaient faits pour s’aimer.
Le quatre août soixante-dix-neuf, sous les voûtes d’Antibes,
La cathédrale accueillit leurs promesses indicibles.
Sur les notes de « Ti Amo », ils se sont dit oui,
Et le monde entier semblait chanter avec leur vie.
Changer l'arrière-plan du poème
À San Severo, en mille neuf cent cinquante-six,
Tu naquis au soleil, dernière fleur des dix.
Puis la misère, en soixante, arracha tes racines :
La France avait le froid des terres qu’on devine.
« Sale ritale » : à l’école, on meurtrissait ton nom,
Mais nul ne put tarir ta source de chansons.
Après l’amour défait, les jours sans avenir,
Tu n’osais presque plus conjuguer le désir.
Puis Jacky, dans les rayons, rencontra ta lumière ;
Quinze jours ont suffi pour défaire l’hiver.
Un slow de Sardou, deux silences qui dansent :
Le bonheur revenait sans demander vengeance.
Le quatre août soixante-dix-neuf, à Antibes,
La cathédrale ouvrit ses pierres à vos vies.
« Ti Amo » s’éleva sous les voûtes profondes :
Tu n’étais plus l’étrangère — tu étais tout son monde.