LE LÂCHE ET LES CORBEAUX
Un homme lâche partait pour la guerre ; mais ayant entendu croasser des corbeaux, il posa ses armes et ne bougea plus ; puis il les reprit et se remit en marche. Mais les corbeaux croassant de nouveau, il s’arrêta, et à la fin il leur dit : « Libre à vous de crier aussi fort que vous pourrez ; mais vous ne goûterez pas à ma chair. »
Cette fable vise les poltrons
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Il partait pour la guerre, écrasé sous le fer ;
Deux corbeaux dans un chêne obscurcirent son air.
Au premier cri, soudain, son épée est à terre ;
Puis il la reprend, rouge, et repart pour la guerre.
Mais le ciel croasse encore : il s’arrête à nouveau.
« Criez ! Vous n’aurez pas ma chair pour vos festins ! »
Lance-t-il, reculant, aux oiseaux du destin.
Les corbeaux n’avaient faim que d’un peu de silence ;
Lui voyait un tombeau dans le noir de leurs ailes.
Qui porte en soi la peur trouve partout la guerre,
Et nomme prudence l’art de fuir devant elle.